Quand le téléphone sonne, on peut le laisser sonner jusqu’à ce qu’il s’arrête.
Quand le téléphone sonne, le combiné est décroché puis raccroché.
Quand le téléphone sonne, on répond.
George Brecht - Three Telephone Events (printemps 1961)
dimanche 6 novembre 2011
vendredi 4 novembre 2011
Pierre-André Arcand - "La Mort d'Antonin Artaud" (1987)
"La Mort d'Antonin Artaud" (1987), extrait de Eres + 7
Figure illustre de la poésie sonore québecoise, Pierre-André Arcand réalise des oeuvres basées sur le principe de la boucle évolutive. Il utilise à cet effet un instrument spécifique nommé "macchina ricordi". Il s'agit en réalité d'un magnétophone (modifié par suppression de la tête d'effacement) sur lequel l'artiste utilise des K7 de répondeur dont il a réduit la durée à 4,5 secondes. En contrôlant les têtes d'enregistrement avec des commandes externes, Pierre-André Arcand produit des "accumulations sonores" qui se répètent tout en évoluant très lentement dans lesquelles interagissent le verbal, le vocal, les bruits mécaniques, etc.
Depuis le début des années 2000, Pierre-André Arcand utilise une macchina riccordi numérique (un logiciel qui reproduit la macchina ricordi analogique). Elle présente un avantage précieux : la possibilité de faire varier la durée de la boucle d'une fraction de seconde à plusieurs minutes.
Pour en savoir plus, voir "The Best of Excavation" (01/04/2000) sur le site d'Excavation Sonore.
http://www.avatarquebec.org/excavationsonore/index.php?annee=2000#archives
© Nicolas Exertier
Alexander Brener (4 janvier 1997)

La destruction d’œuvres d’art est fréquemment revendiquée comme une forme d’art à part entière. André Breton, dans les années 50, proposait déjà la création d’un prix pour récompenser quiconque attaquerait à l’acide une œuvre d’art de grande valeur. Il aurait sans doute trouvé son bonheur dans les actions un peu "limite" qui défraient la chronique depuis quelques années.
Le samedi 4 janvier 1997 au matin, le performer russe Alexander Brener, souhaitant réaliser une "action politique et culturelle contre la corruption et l'élitisme dans la culture", pénètre dans le Stedelijk Museum d'Amsterdam et s'achemine à travers le dédale des salles jusqu'à la Croix blanche sur fond gris de Malevitch. Il peint alors, directement sur l'oeuvre et à la bombe, le signe du dollar ($). La peinture qui a fait l'objet de cet acte iconoclaste avait été évaluée à 6 millions de dollars. 10 mois ferme : c'est la peine à laquelle fut condamné Brener.
© Nicolas Exertier
jeudi 3 novembre 2011
Keith Arnatt, Art & Project, Bulletin 23 : 1220400-0000000, mai 1970
Dans ce bulletin 23, Keith Arnatt propose à la vente des unités de temps de son exposition à Art & Project.Une seconde d'exposition = 1 dollar ; minimum d'unités achetables : soixante secondes.
Chaque acheteur reçoit un document photographique, unique témoignage du temps acheté.
Arnatt avait disposé dans l'espace d'exposition d'Art & Project, une horloge à affichage numérique qui faisait le compte-à-rebours du temps restant jusqu'à la fin de l'exposition.
© Nicolas Exertier
Keith Arnatt, "Trouser-Word Piece" (1972)


« On pense en règle générale, et je dois dire habituellement à juste titre que ce que l’on peut appeler l’usage affirmatif d’un terme est basique – que, pour comprendre « x », nous devons savoir ce qu’est être « x », ou être un « x », et que savoir cela nous apprend ce qu’est ne pas être « x » ou ne pas être un « x ». Mais avec « real »…c’est l’usage négatif qui porte la culotte. En d’autres termes, un sens défini s’attache à l’assertion que quelque chose est réel, un réel tel et tel, seulement à la lumière d’une façon spécifique avec laquelle il pourrait ne pas être ou aurait pu ne pas être réel. « Un vrai canard » diffère du simple « un canard » seulement en ceci qu’il est utilisé pour exclure différentes façons de n’être pas « un vrai canard », mais une imitation, un jouet, un appeau, etc. et mieux encore, je ne sais même pas comment comprendre l’assertion selon laquelle c’est un vrai canard à moins que je sache simplement, en cette occasion particulière ce que le locuteur avait en tête d’exclure…"
John Austin, Sense and Sensibilia (traduction Nicolas Exertier)
© Nicolas Exertier
Keith Arnatt, «Self Burial», 1969









Keith Arnatt, «Self Burial», 1969
Sans annonce préalable, la chaîne de télévision WDR 3 a inséré dans ses programmes entre le 11 et le 18 octobre 1969 une série de neufs photographies montrant Keith Arnatt s'enfonçant graduellement dans le sol. Deux photos consécutives de la série furent montrées chaque soir, la première à 20 heures 15 immédiatement après le journal télévisé, la seconde au milieu de n'importe quel programme en cours à 21 heures 15. L'énigme fut résolue à la fin de la semaine de programme par une interview avec l'artiste.
Arnatt expliqua que cette série n'avait pas été créée spécifiquement pour une diffusion télévisuelle et qu'il l'avait à l'origine conçue comme un commentaire à propos de la "dématérialisation de l'oeuvre d'art" (expression par laquelle Lucy Lippard et John Chandler avaient cru pouvoir caractériser l'art conceptuel). Il semblait logique, expliqua-t-il, que l'artiste disparaisse à son tour.
Sans annonce préalable, la chaîne de télévision WDR 3 a inséré dans ses programmes entre le 11 et le 18 octobre 1969 une série de neufs photographies montrant Keith Arnatt s'enfonçant graduellement dans le sol. Deux photos consécutives de la série furent montrées chaque soir, la première à 20 heures 15 immédiatement après le journal télévisé, la seconde au milieu de n'importe quel programme en cours à 21 heures 15. L'énigme fut résolue à la fin de la semaine de programme par une interview avec l'artiste.
Arnatt expliqua que cette série n'avait pas été créée spécifiquement pour une diffusion télévisuelle et qu'il l'avait à l'origine conçue comme un commentaire à propos de la "dématérialisation de l'oeuvre d'art" (expression par laquelle Lucy Lippard et John Chandler avaient cru pouvoir caractériser l'art conceptuel). Il semblait logique, expliqua-t-il, que l'artiste disparaisse à son tour.
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